Nos conférences à l'Agora du soin digital de l'AP-HP 2025
- Delphine Moulu

- 22 sept. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 sept. 2025
Le 18 septembre, nous étions de retour à l’Agora du soin digital de l’AP-HP, à l'Hôtel-Dieu à Paris, un rendez-vous annuel devenu incontournable pour croiser regards scientifiques, hospitaliers et entrepreneuriaux autour des innovations en santé.
En tant que partenaires de l’AP-HP, nous avons eu le plaisir d’animer une demi-journée thématique consacrée à la Femtech, avec un programme riche de conférences avec à la fois des équipes de recherche et des entrepreneurs pour nous partager leurs travaux et leurs collaborations.
Nouvelles frontières de la recherche sur les gonades

Anu Bashamboo & Kenneth McElreavey, chercheurs à l’Institut Pasteur ont présenté leurs travaux sur la formation des gonades humaines grâce à des organoïdes 3D. Ces modèles ouvrent la voie à une meilleure compréhension de l’infertilité et des pathologies ovariennes ou testiculaires, tout en intégrant la question de l’impact de l’environnement. Une avancée scientifique majeure, qui pourrait déboucher sur des plateformes in vitro de maturation ovocytaire permettant de créer des gamètes matures à partir de cellules souches humaines.
Fertilité et IA : personnaliser les traitements AMP
Place ensuite à la startup Elixir Health où Élodie Chapel, cofondatrice, et Gaëlle Dormion, data scientist, ont dévoilé leurs recherches menées avec l’Inria sur l’optimisation des doses de stimulation ovarienne en FIV. Leur modèle de machine learning causal permet d’adapter le dosage des prescriptions aux profils des patientes.
Résultat ? Plus d’ovocytes collectés, moins de risques de sur-stimulation et une approche véritablement individualisée. Des travaux prometteurs pour améliorer à la fois la sécurité des patientes et l’efficacité des parcours AMP.
Santé mentale : objets connectés et détection précoce de la dépression
Nour Hakiki Belhadi, CEO de Dalia et Stéphane Mouchabac, psychiatre à l’Hôpital Saint-Antoine.

Dalia développe un bracelet connecté capable de construire une biosignature physiologique pour détecter les signes de rechute dépressive. Ce partenariat exemplaire entre entrepreneur et psychiatre illustre comment la technologie peut soutenir la prévention, le suivi à distance et l’évaluation des traitements. Durant leurs interventions, ils ont rappelé l’importance de bâtir un langage commun entre médecins et entrepreneurs, pour des innovations robustes et réellement adaptées aux patients.
Infections urinaires : mieux comprendre les différences entre les sexes
Matthieu Rousseau, chercheur à l’Institut Cochin, a partagé ses travaux sur la physiopathologie des infections urinaires, qui touchent 50 % des femmes au cours de leur vie.
Grâce à des modèles expérimentaux, il met en évidence le rôle des hormones sexuelles et les différences de réponse immunitaire entre hommes et femmes. Des résultats qui plaident pour intégrer systématiquement le sexe biologique dans la recherche médicale, et qui pourraient guider de nouvelles stratégies vaccinales contre des infections de plus en plus résistantes aux antibiotiques.
Matthieu Rousseau a conclut sa présentation en précisant que la santé des femmes était de la médecine personnalisée, en ajoutant : "pas au sens de l'individu mais au sens du sexe biologique de l'individu".
Panorama du marché Femtech en France
Delphine Moulu & Juliette Mauro, cofondatrices de Femtech France ont clôturé la matinée par un panorama de la Femtech en France avec la présentation des chiffres clés de notre baromètre 2025, réalisé en partenariat avec Wavestone.

La France compte 170 startups Femtech : 55 % ont franchi le cap des 3 ans, 40 % ont doublé leur chiffre d’affaires entre 2023 et 2024, et 1/4 a levé plus d'un million d'euros. Les startups créées après 2022, se distinguent sur le volet santé publique et la volonté d’obtenir un remboursement. Le marché français se structure, et les perspectives sont plus que jamais porteuses.
Un grand merci à l’AP-HP pour cette nouvelle édition de l’Agora du soin digital, à nos intervenants pour la qualité de leurs présentations, et à toutes celles et ceux qui ont participé.



